samedi 19 novembre 2011

Dali Najeh : Le contexte des changements climatiques dans le bassin Méditerranéen et en particulier en Tunisie quelques chiffres


Dali Najeh : Le contexte des changements climatiques dans le bassin Méditerranéen et en particulier en Tunisie quelques chiffres

par Dali Najeh, vendredi 18 novembre 2011, 16:07
Dali Najeh : Le contexte des changements climatiques dans le bassin Méditerranéen et en particulier en Tunisie quelques chiffres


-      En dix-sept ans, de 1988 à 2005, la part des arrivées internationales en avion enMéditerranée est passée de 23 à 40%, représentant en volume respectivement 47 et122 millions de touristes. Certains pays, notamment insulaires, sont quasi totalement dépendants du transport aérien pour l’acheminement des touristes internationaux, avec des taux d’arrivées par avion supérieurs à 90%. 

-      Dans les pays du Sud et de l’Est, cette dépendance s’accroît dans la majorité des cas, avec des taux d’arrivée par air en Israël, Égypte, Tunisie et Maroc atteignant respectivement 87%, 78%, 64% et 51% en 2005. Certains pays du Nord connaissent la même situation (73% en Espagne par exemple).

-      Selon les projections des arrivées internationales du Plan Bleu (organe du Plan d’action pour la Méditerranée : S/convention du programme des nations unies pour l’environnement  dont le siège est en Grèce et dispose de Six centres dont un en Tunisie qui s’occupe de la biodiversité marine : Définition simplifiée)  et si la part du transport aérien reste constante, les touristes arrivant par avion pourraient être plus de 158 millions en 2025. Compte tenu du rôle du transport aérien dans les émissions de gaz à effet de serre (GES), une telle évolution n’est clairement pas durable, surtout si l’on considère les objectifs de réduction des GES liés à la lutte contre le changement climatique.

Les émissions de Gaz à effets de serre (GES) en Tunisie

-      Lorsque l’on souhaite étudier la contribution du secteur touristique tunisien, on se heurte à la difficulté à distinguer les émissions de GES directement imputables aux touristes parmi l’ensemble des émissions du pays. Par ailleurs, le transport international, dont on a vu qu’il est le contributeur principal, n’est pas comptabilisé. Cependant, à partir des points précédents, on sait que l’on peut répartir les postes d’émissions comme suit : transport international en premier lieu, mais aussi interne ; hébergement et activités touristiques. L’inventaire des émissions de GES22, réalisé par l’Agence Nationale de Maîtrise de l’Energie, ne permet pas dresser le bilan des émissions du secteur touristique tunisien, car on ne peut faire la part des déplacements dus au transport touristique ou des hébergements utilisés à des fins touristiques. Néanmoins, on peut déjà en déduire des ordres de grandeur des émissions par secteur.

-       Ci-après Evolution des émissions de GES dues à l’énergie en Tunisie 1990-2003, estimée par l’ANME, DGEQV, PNUD, 2005.

-      En 2003, les émissions de GES tunisiennes totales atteignent 22,8 Mt eq-CO223, soit 62%    de plus qu’en 1990 (soit + 3,8% par an). Cette hausse des émissions de GES a accompagné une croissance économique de 4,6% par an.

-      Cet inventaire nous permet de calculer l’indice d’intensité en carbone24. Celui-ci est ainsi passé de 1,303 t eq-CO2/1000 DT à 1,176 t eq-CO2/1000 DT de valeur ajoutée.

-      On voit ainsi que l’intensité carbone de l’économie tunisienne a diminué de 10% environ, en 13 ans. A l’inverse, par habitant, le montant d’émissions de GES moyen est passé de 1,72 à 2,30 t eq-CO2. Malgré la hausse, ce résultat reste largement inférieur à celui des
pays industrialisés. Pour comparaison, un Français émet en moyenne 8,5 t eq-CO2 par an.

-      La répartition des GES par secteur nous montre que les industries énergétiques représentent la première source d’émissions (30%), suivies par le transport national (28%)25, l’industrie manufacturière (22%), les bâtiments (14%) et enfin l’agriculture (6%).

-      Au sein de la catégorie Bâtiments, la part actuelle de l’hôtellerie est estimée à environ 30%. Cependant, pour appréhender l’ensemble des émissions du secteur touristique, il faudrait également inclure la part du transport des touristes sur place (et à l’international), ainsi que leurs consommations intermédiaires.
-      D’après les prévisions actuelles, les émissions totales devraient connaître un accroissement important de 22,8 Mt eq-CO2en 2003 à 31,6 Mt eq-CO2en 2010 et 49 Mt eq-CO2 en 2020.
Tiré d’une étude élaborée par GTZ/MEDD/PNUD

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