samedi 19 novembre 2011

Dali Najeh L’électricité consommée en Afrique pendant une année ne représente même pas celle consommée en fin d'année à Paris


Dali Najeh L’électricité consommée en Afrique pendant une année ne représente même pas celle consommée en fin d'année à Paris

par Dali Najeh, jeudi 17 novembre 2011, 23:19
Le continent doit en effet faire face à une situation très difficile : en Afrique subsaharienne, environ 77% de la population n’a ainsi pas accès à l’électricité par exemple, situation qui doit toutefois être différenciée suivant les pays. Cette situation constitue un frein au développement du continent alors même qu’il existe un réel potentiel de développement des énergies renouvelables, actuellement inexploité. Ce constat est largement partagé aujourd’hui et de nombreuses actions internationales sont déjà menées, en appui des efforts des Etats pour "réduire la pauvreté énergétique", en particulier l'initiative UN-Energy[1], les initiatives du groupe de la Banque mondiale, l’initiative de l’Union Européenne pour l’énergie - EUEI et plus particulièrement le partenariat UE-Afrique[2], la récente création de l’IRENA (International Renewable Energy Agency). Ces acteurs internationaux bien que mobilisés, sont peu coordonnés et leurs moyens restent limités. Cette nouvelle initiative se rattacherait aux dialogues existants, en mobiliserait tous les acteurs et devrait permettre de les renforcer.
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La situation actuelle n’est pas tolérable : l’Afrique est le continent qui souffre le plus du manque d’accès aux énergies modernes. C’est un frein au développement dont ont besoin presque un milliard d’être humains.
La dépendance envers la biomasse traditionnelle pour les besoins quotidiens des Africains est quasi totale (bois de feu et le charbon de bois pour la cuisson des aliments et autres activités génératrices de revenus). Cela n’est pas sans conséquences sanitaires (maladies respiratoires, cécité), écologiques (déboisement), et  sociales (les femmes obligées à la corvée de bois de plus en plus loin de leur domicile).
Près de 530 millions de personnes en Afrique n’ont pas accès à l’électricité ; si aucun remède n’était apporté à cette situation ce chiffre pourrait même monter à 600 millions en 2030. Par ailleurs, les plus vulnérables sont les plus affectés par cette pénurie. Ainsi, dans les zones rurales le taux moyen de personnes ayant accès à l’électricité descend jusqu’à 8%.

Pour autant il existe un formidable potentiel de développement des énergies renouvelables. Il est insuffisamment exploité, les énergies renouvelables représentant environ 3 % de la consommation énergétique finale en Afrique. Le continent recèle des gisements de production d’électricité (en réseau et hors réseau), de chaleur ou de carburants, à partir de sources renouvelables telles que la géothermie, l’éolien, le solaire ou la biomasse :
  • Hydraulique (capacité totale installée de 20,3 GW et production de 76 000 GWh/an pour un potentiel de 4 000 000 GWh/an soit moins de 20% du potentiel hydroélectrique est exploité[3]) – RDC, Egypte, Gabon, Ethiopie, Niger, Zambie, Madagascar
  • Géothermie (9 000 MW, 115 MW, soit 1,3% exploité) – Vallée du Rift : Kenya, Ethiopie, Djibouti, Ouganda, Tanzanie, Érythrée.
  • Eolien : 20% des ressources mondiales se situent en Afrique - près de 10 GW nouveaux à l’horizon 2020 (Afrique du sud, Algérie, Cap vert, Djibouti,  Egypte,  Erythrée, Lesotho,  Madagascar, Maroc, Mauritanie, Somalie,  Tchad, Tunisie)  
  • Solaire thermique ou photovoltaïque : 47 % du continent africain reçoit un ensoleillement supérieur a 2100 kWh/m2 et le reste entre 1500 et 1900 kWh/m2[4].
  • Agrocarburants ou biomasse. L’Afrique a les moyens de produire des agrocarburants de première génération extraits de la canne à sucre ou des oléagineux et de s’orienter vers ceux de la seconde génération issus de la cellulose ou des algues.


JAMAL SAGHIR, WORLD BANK DIR., ENERGY AND WATER
Africa is definitely facing an energy crisis. The combined capacity of electricity generation in sub-Saharan Africa, excluding South Africa, is 32 gigawatts. This is equivalent to what one single country, like Poland, has right now, or Saudi Arabia or the Netherlands, which are around 30 gigawatts.
I think it has a lot of energy resources, especially in the hydropower sector, and they have a lot of other indigenous sectors. You have a lot of wind, you have a lot of renewable energy.
We need to tap the resources of Africa. I think that's where you have to have to work - to do much more investment.
What is needed, basically, if you would like to go from 20% access to energy right now to 100% access, in the next 20 or 25 years, or even before, investment of the equivalent to $11 billion per year are needed if you want to go. And we should go to get out Africa from the darkness that it's facing every day.
The lack of electricity in Africa is affecting economy growth in some country by 3 to 4%.

Le Projet Objectifs du Millénaire, organe consultatif indépendant créé par le Secrétaire générale de l’ONU, émet les recommandations suivantes concernant l’apport des services énergétiques pour l’atteinte des Objectifs du Millénaires pour le Développement (OMD) d’ici à 2015[5] :
  • Réduire de 50 % le nombre des personnes n’ayant pas effectivement accès à des combustibles modernes pour la cuisson des aliments et diffuser largement les réchauds améliorés.
  • Fournir l’accès à l’électricité à toutes les écoles, aux centres de soins et aux autres équipements collectifs locaux.
  • Assurer l’accès à la puissance motrice dans chaque village.
  • Élargir l’accès à l’électricité et aux services énergétiques modernes à tous les pauvres des zones urbaines et périurbaines.

C’est dans ce cadre que s’inscrirait l’initiative “Energizing Africa: from dream to reality” Elle serait organisée en deux temps :
  • Un programme d’actions à court terme d’ici à 2012 : déploiement à plus grande échelle de solutions éprouvées. 
  • Un programme de long terme (pour l’après 2012) dont l’objectif serait l’accès à l’énergie moderne de tous les africains.


[1] regroupe les actions menées dans le domaine de l'énergie par une douzaine d'organismes du système des Nations unies (Banque mondiale, PNUD, PNUE, ONUDI...)

[2] avec notamment ses trois feuilles de route sur le climat, l'énergie, et les infrastructures.

[3] Ministerial conference on water for agriculture and energy in Africa the challenges of climate change, Sirte, Libyan Arab Jamahiriya, 15-17 December 2008  - Hydropower resource assessment in Africa.

[4] www. Monder2004.org

[5] « Investir dans le développement – Plan pratique pour réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement », Millennium Project, Rapport au Secrétaire général de l’ONU.

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