mardi 27 décembre 2011

Najeh Dali: l’adaptation des écosystèmes méditerranéennes et africains face au climat


 Najeh Dali précise que les ressources naturelles et l’agriculture dans le bassin méditerranéen et en Afrique malgré qu’ils ont des capacités d’adaptation qui sont liées à la fois au potentiel de résilience naturelle des espèces végétales et animales les changements climatiques aurait un effet néfaste supplémentaire sur la sécurité alimentaire et aggraverait la malnutrition dans le continent.


Pour adapter l’agriculture et les écosystèmes fragiles aux changements climatiques ci-après quelques constats et recommandations,  


Il est évident que l’Afrique est très vulnérable au changement climatique. Elle est particulièrement vulnérable à cause des facteurs tels que la pauvreté, largement répandue dans de nombreux pays, les sécheresses répétitives, la distribution inéquitable de la terre et la grande dépendance par rapport à l’agriculture pluviale. Les impacts du CC à long termes concernent notamment: i) la variabilité des précipitations qui affecte l’agriculture, diminue la sécurité alimentaire, réduit l’accès à l’eau potable et ne favorise pas le développement économique; ii) les variations des températures qui augmentent l’étendu géographique des maladies en transmission vectorielles. Ainsi, ces impacts, conjugués à d’autres contraintes et obstacles, ne faciliteraient pas la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.

Bien que des options d’adaptation, (notamment les mesures et pratiques traditionnelles utilisées en cas de crise), sont disponibles en théorie, force est de constater qu’en pratique les pays africains ne disposent pas en général de capacités humaines, économiques et d’infrastructure nécessaires pour faire face à temps aux événements climatiques exceptionnels.

En matière de ressources naturelles et d’activités liées à leur usage, les domaines concernés par le CC comprennent les écosystèmes et les forêts, les ressources en eau, l’hydrologie, l’agriculture, la santé, l’environnement marin et le tourisme écologique.

Inventorier et analyser les pratiques qui accroissent la vulnérabilité des RN et du secteur agricole face au CC et ce dans le but de prendre les mesures politiques, techniques, économiques et organisationnelles pour les modifier et/ou les remplacer. Ces pratiques devraient répondre davantage aux enjeux et exigences d’une gestion durable des RN et du secteur agricole devraient s’inscrire dans une perspective d’atténuation et de d’adaptation au CC (local, national et international) .

Pour que l'Afrique et la région méditerranéenne puissent faire face aux changements climatiques dans le domaine de l'agriculture et la biodiversité il est recommandé de:

Capitaliser et diffuser les acquis des bonnes expériences ainsi que les savoirs faire locaux en matière d’adaptation au CC (bonnes pratiques) dans le domaine de la gestion des RN et de développement agricole (local, national et international).

Développer et mettre en œuvre des programmes de sensibilisation/formation/ information sur les impacts du CC sur la gestion des RN et le développement agricole ainsi que sur le rôle et la responsabilité des différents acteurs concernés (Etat, entreprise, communauté de base, ONG, communauté scientifique) (local, national et international).
Renforcer le cadre institutionnel et politique pour une meilleure participation des acteurs locaux au processus d’adaptation au CC (démocratie, transparence, bonne gouvernance, participation, accès à l’information, etc.) en rapport avec la gestion des RN et le développement du secteur agricole (local et national).
Renforcer la participation des communautés locales dans l’élaboration et la mise en œuvre des programmes et projets de gestion des RN et de développement agricole dans le cadre de stratégies locales d’adaptation au CC (LAPA) (local et national).
Renforcer la concertation intersectorielle au niveau de l’élaboration et de la mise en œuvre des stratégies d’adaptation du secteur des RN et de l’agriculture. Il s’agit de veiller à prendre en considération les interdépendances entre les différents secteurs économiques par rapport à la problématique du CC (contributions, impacts et adaptation) (local et national).  

Réduire la pauvreté et renforcer l’accès aux sources de financement des populations défavorisées notamment en milieu rural, afin d’alléger la pression sur les RN et diversifier les opportunités d’emploi et des sources de revenus et ce dans une perspective d’adaptation au CC (local, national et international).
Les gouvernements et les bailleurs de fonds devraient mobiliser les financements nécessaires  pour une gestion des RN et un développement agricole durables dans une perspective d’adaptation au CC. Les différents bailleurs de fonds sont appelés à assurer une coordination, une harmonisation et une simplification des procédures appliquées pour l’octroi des fonds. De même, les autorités nationales devraient assurer la transparence en matière d’accès et d’utilisation des ressources financières allouées à l’adaptation au CC (national et international).

Dali Najeh pour le groupe d’expert à la conférence de Tunis sur les changements climatiques en Afrique et en méditerranée

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire